Enfermés jour et nuit,
Derrière des murs en pierre,
Une soixantaine de lits :
Le début de l’enfer,
Guettant le moindre bruit.
Dur de clore les paupières.
Le sommeil n’est pas gratuit
Dans ces endroits de prière.
Cerveau lavé, détruit,
D’Ave Maria, de Pater ;
Prières au pied du lit,
Toujours genou à terre.
Le jour ou bien la nuit,
De l’entrée au dessert,
Du lever à minuit,
Réciter Notre Père.
Pupilles de la Patrie,
Ou victimes d’adultère,
Jetés au gouffre de l’ennui,
Ne pouvant s’y soustraire.
Abandonnés tout petit,
Orphelins de la guerre,
Seule maison, seul appui,
Obligés de se taire.
Là se trouve la survie.
Faut-il encore s’y faire ?
Alors, quand vient la nuit
Ils rêvent les yeux ouverts
D’un avenir sans suie,
D’un destin plus prospère,
Combattent l’insomnie
Par de vaines chimères.
Sortir de ce gâchis,
De ces quatre murs de pierre
Cherchant un paradis
Au milieu de l’enfer
Poème écrit par
Brigand Didier |