Des enfants et des chiens courent sur la colline.
Du ciel encore brumeux tombe un matin clair
Et la terre palpite en son obscure chair.
Déjà près des sentiers s'éveille l'Aubépine.
Tout frémira demain sous la brise divine ;
Les grands bois demi-nus, les sillons entrouverts
Et les sarments noueux et le sapin amer,
Le Montagnard usé dont le désir s'obstine.
Entends quelque oiseau fou, dire, d'un chant léger.
Que le froid, au vivant, est bien vite étranger
Et que tout doit brûler de volupté profonde.
Mais ses yeux ; attentifs au seul malheur du Monde,
En leur vide sans fond ne demandent plus rien,
Que le regard muet où se perdra le sien.
Poème écrit par
Matencio Joel |