Le Chat, sur un coussin, s'endort près de la table,
L'Oeil ouvert à demi, troublante déité.
Il poursuit, hiératique en son oisiveté,
Un rêve languissant, léger, impondérable.
Il se dresse soudain, gracieux, adorable,
S'étire longuement avec lascivité,
Et me fixe bientôt d'un regard pailleté
De parcelles d'or, fluides comme sable.
Son dos voluptueux se cambre de plaisir
Quand ma main se hasarde et voudrait le saisir
Pour serrer tendrement cette soyeuse idole.
Mais preste, il se dérobe, indomptable félin
Et bondit, poursuivant le Papillon qui vole,
Puis revient près de moi, ronronnant et câlin
Poème écrit par
Matencio Joel |