Sur la joue rebondie, une larme coula,
Pleine de dépit.
« Ne sois pas triste, nous sommes là ! »
quelqu’un se dit !
La larme, oyant telle nouvelle,
Timide et frêle,
Vint à la rencontre des lèvres,
s’affranchit de sa réserve.
« Que se passe-t-il ? » interrogea la commissure.
« je suis amère ! » fit d’un aveu la goutte.
« J’ai pris sur moi la peine débordante
et me voilà chassée par la nature.
J’ai vadrouillé, de cil en cil,
sans un mot, sans un abri civil,
et tout durant traîné ma longue peine
Sur l’étendue de ce visage terne ! »
« Ne t’en fais pas ! » lui dit la bouche rose.
« ton éclat est plus pur que l’effort qui t’impose.
Tu as su cheminer jusque sur les deux lèvres,
Et bientôt, tu iras vers le ciel de tes rêves ! »
La larme n’y compris goutte ?
Prise d’une grande tristesse,
Elle laissa ses amis, roula à la hâte
Et par le menton se jeta, pour qu’on la laisse.
Elle atterri prestement sur une fleur,
Dans les bras du soleil et des mauves pétales.
Un court instant, on la vit sourire !..
Puis elle disparu comme la rosée matinale.
Personne ne su, vers où, comment,
La perle d’eau était partie ?
Mais un nuage, en souriant,
Nous fit penser au Paradis.
Poème écrit par
Benavides Christophe |