Les jeunots et la mine,
Ils rentrent, ils ont bonne mine.
Ils en ressortent, la gueule noire.
La mine, c’est toujours noir.
La poussière du charbon,
C’était leur lot quotidien.
La poussière du charbon
C’était leur pain quotidien.
Ils descendaient au fond,
De génération en génération,
Et de plus en plus profond,
Pour une modeste indemnisation.
La poussière du charbon,
C’était la silicose.
La poussière du charbon,
Ils en bouffaient leur dose.
Ils y descendaient la peur au ventre,
Seul réconfort : la femme et le bisou.
Puis, elle attendait, elle aussi, la peur au ventre,
La peur du coup de grisou.
La poussière du charbon,
C’était pour les poumons.
La poussière du charbon,
C’était pas pour le patron.
La patron, lui, l’alchimiste,
Pour lui, c’était la poussière d’or.
Le patron, ce grand capitaliste,
Cette poussière-là était pour son coffre-fort.
La poussière du charbon,
C’était pour des gars forts.
La poussière du charbon
Presque tous en sont morts.
Poème écrit par
Brigand Didier |