J'ai ouvert la porte
Il a ouvert son besoin de parler
De me parler
D'elle
De l'île
Où l'on se dit bonjour
Vingt fois par jour
Où le bruit des galets
Est un chant
Où le chant des galets
Est un bruissement de pas de danse
Qui empêche de dormir
Ceux qui ne rêvent pas d'elle
Elle, pourtant, si magnifiquement fragile
Son rêve, à lui, si magnifiquement grand
Il s'y enroule
S'y enferme
Comme dans une bouteille promise
Par la mer
Par les mille et une vagues
Qui l'ont portée
Par les mille et un pas
Qui l'ont désirée:
J'ai dit je t'aime
J'ai dit je
J'ai dit tu
J'ai dit aime
Mais le chemin entre les deux
L'ai-je parcouru avec elle
Je l'aime
Et je suis là
Le verbe ballant au bout des bras
Ne sachant plus que faire de mes mains
Ni où les mener
Je l'aime
Mes pas trébuchent aux frontières de la danse
Elle n'est pas venue à ma rencontre
Comme je l'espérais
Mais qu'en serait-il
D'elle
Si tout le monde
Y logeait son rêve...
Poème écrit par
Chêne Agnès |