C’était un premier avril
Le printemps précoce
Baignait la route
D’une lumière joyeuse
Jean conduisait
Son cabriolet flambant neuf
Son presque enfant à côté de lui
Très sage
Léa regarda par la fenêtre
Les bourgeons éclataient pourtant
Mais elle se sentait en hiver
Pleine de désarroi
Qui supplantait l’espoir de sa vie
Qu’elle vomissait maintenant
Même ses yeux ne voulaient plus
Espérer en son talent.
En conduisant
Il le caressait d’une main
Il l’effleurait
Et son cœur était serein
Plein de ce printemps
Venu si tôt.
On trouva notre vieille Léa
Sans vie sur le trottoir
Juste
Un filet de sang au coin des lèvres
Et dans la main
Son carnet rouge
Noir de mots.
Il s’endormit souriant
Son presque enfant à côté de lui
Un magnifique vélin
Avec sa photo au verso
Et son but atteint
Le prix Renaudot
Et des mots
Des mots aussi légers que des trilles
Sortirent du livre
Et s’envolèrent aussitôt
Très haut...
Poème écrit par
Hall Denise |