Un chien aboie
Dans la cour de la ferme
Abandonnée depuis
Une trentaine d'années
A ce que l'on dit
Jamais reconstruite
Allez savoir pourquoi
Quelques murs
Se sont effondrés
Le ciment s'effrite
Le vent s'engouffre par
Les vitres brisées
Les portes éventrées
Et l'immense toiture
Écroulée aux trois quarts
Les odeurs chaudes
De l'étable et de la porcherie
Depuis longtemps
Se sont évanouies
Les vieux fermiers sont morts
Le grillage est rouillé
La mémoire ici s'est refroidie
Tout à coup
D'un coin moins abîmé
De l'habitation
Surgit un air d'accordéon
Puis une main
Se pose sur mon cou
Poème écrit par
Herman Jacques |