Je pense à toi souvent
Empreint de nostalgie
Je suis toujours enfant
Plein de mélancolie
J’ai lu tous les articles
Détaillé les photos
Tu étais magnifique
Et tu m’as rendu beau
Le quotidien pimpant
Les rues de gens remplies
J’étais alors fringant
Même sous un beau ciel gris
Comment donc m’expliquer
Ton désamour subit
Comment te raconter
Mon désamour subi
Je suis triste comme le cœur
D’un quartier pourtant sain
Bombardé par nos sœurs
L’été de 45
La destruction toute proche
Tu l’as sentie venir
Le monde devient moche
Tu lâches un vain soupir
Entre mes bras garants
D’un nouveau devenir
Et mon esprit confiant
Un nouvel avenir
S’ouvrait enfin à nous
J’avais fait mon chemin
Désormais loin de nous
Tu débutes le tien
Je suis triste comme le pan
L’été d’une fin de guerre
D’un mur de granit sang
Tout au bout de la terre
Même si ta croix est lourde
La mienne n’est pas de plumes
La plage et ses palourdes
Moi et mon amertume
Il me vient à foison
Des idées sans lumière
De celles qui défont
Un être humain sur terre
Que je me rince la dalle
Au tripot d’à côté
Au tord boyau local
Que je fume mes lauriers
Ma voie est sans issue
Les tiennes se dessinent
Tu crées de nouvelles rues
Plus droites et moins câlines
Dans ma mélancolie
J’ai suivi ce tracé
Ma douleur mon envie
Ton bonheur ta beauté
Ton sourire ta pluie fine
J’adorais y goûter
Ne plus sentir ton échine
Brûlante et moite vibrer
En même temps que la mienne
Dans nos transes communes
Nos nuits épicuriennes
Nos journées infortunes
Je suis triste et mon âme
Rejoint alors la tienne
Celle d’une ville au grand dam
Bombardée aoûtienne
Et je t’aime pourtant
La ville est monotone
Te voyant moins souvent
Après août c’est l’automne
Et je t’aime pourtant
Et je t’aime à nouveau
Et je t’aime et je t’aime
Et je t’aime et je t’aime
Poème écrit par
Le Carret Sébastien |