Chaque nuit, je revis la scène.
Mon lecteur stoppe à cet endroit,
Où la seconde avant à peine,
Elle était encore dans mes bras.
Ça fait 3 siècles de son départ.
Et j’ai recompté tous les ans.
Ça fait 3 siècles, un purgatoire,
Que je survis, an après an.
Ça fait 30 ans que je m’demande
Quel sens peut bien avoir une vie.
30 ans passés, de Brest à Mende,
De la Bretagne à mon whisky.
Ça fait 30 piges que j’pige rien
Qu’autour de moi rien ne s’accorde.
Elle est partie, j’n’attends plus rien.
Trop de questions en une seule corde…
Ça fait 3 ans que je n’avance
Et ne survis plus que sans elle.
Plus de tendresse, plus aucune transe.
Ça fait 3 ans, quelques séquelles.
Je déambule, de bar en bar.
Ça fait 3 ans que je n’dors plus.
De bar en boite, de boite en bar.
Y a bien longtemps que je n’gère plus.
Ça fait 3 mois, je m’asphyxie
De nuits douteuses plus que probables.
Je ne respire qu’à l’envie
D’histoires amoureuses à l’amiable.
Ça fait 3 mois et tous les jours
Je pleure un litre d’eau salée.
Elle ruisselle, suit les contours
Du coin des yeux au bout des pieds.
Ça fait 3 jours les yeux mouillés.
Ça fait 3 jours le cœur en miettes.
Je ne peux plus rien avaler.
Mon corps aussi commence la diète.
Ça fait 3 jours, mon âme est morte.
Ça fait 3 jours de trop perdant.
Elle s’ouvre à moi, la grande porte,
Celle qui plonge vers le néant.
Ça fait 3 heures que je regarde,
Les yeux rivés à mes carreaux,
Et dans mes doigts le même mégot,
Le mur d’en face qui se lézarde.
Ça fait 3 heures, mon cœur s’arrête
Le bâtiment va s’écrouler.
La carapace implose. Ça pète !
Un tas de pierres et sans mortier.
Ça fait 3 s’condes et ça fait mal.
Je suis seul, triste et sans espoir.
Ça fait 3 s’condes et ça fait mal !
Mon amour est parti ce soir.
Ça fait 3 s’condes. Ça fait trop mal !
Poème écrit par
Le Carret Sébastien |