J’irai pas fleurir ta tombe dans 5 ans,
Quand t’auras cassé ta pipe, tout seul, à ton volant,
Avec le décérébrateur branché sur les esgourdes
Et le claque merde qui hurle à un autre emportablé,
Au volant lui aussi,
D’une bombe en sursis,
Que ça capte pas bien, qu’il faudra plus travailler,
Que les affaires vont mal, qu’il ne fait que des bourdes,
Et l’accélérateur collé sous ta semelle de plomb,
Tu as choisi les armes, t’as pas pu éviter le camion.
J’irai pas fleurir ta tombe dans un bail,
Quand t’auras cassé ta pipe, tout seul, à ton travail.
De 6 plombes du mat à 21 h pétantes.
De secrétaires particulières en particuliers dessous.
Et dans la mallette aussi,
Une bombe en sursis.
De rendez-vous d’affaires en affaires de rendez-vous.
Du début de l’année à la fin de la patente.
Pour nourrir ta famille, lui donner du confort,
Assurer son quotidien et devenir plus fort.
J’irai pas fleurir ta tombe pour lire sur l’épitaphe
Que le travail t’a tué dedans ta Peugeot,
Que la vie t’a laissé, que tu connais le repos.
T’en as pas profité, pas même tiré une taffe.
T’as vécu pour l’argent et le confort des sens.
Il me manque ton amour ou au pire ta présence.
Epilogue
Epitaphe
Epi-taffe
Le boulot t’a occis,
Alors je t’ai mis en dessous.
Maintenant que tu nourris les vers,
Lui, il fleurira tout seul…
Poème écrit par
Le Carret Sébastien |