Mademoiselle,
Depuis que je vous ai revue par hasard,
Vous hantez mes nuits de votre sourire.
Mes yeux se ferment sur votre regard
Et le matin ne veulent plus s’ouvrir.
A votre contact, mes sens s’affolent.
Moi, d’ordinaire si calme et si serein,
Que rien ni personne ne semble atteindre,
A votre contact, je perds ma boussole
Votre regard, brillant, perçant, joueur,
Me met au défi de le soutenir.
Sans flancher, sans craquer, sans fondre, sans peur.
Chaque fois je fonds, mais ne peux vous le dire.
Si j’avoue ma faiblesse devant vos longs cils,
Vos parfums discrets n’enivrent qu’à l’approche.
A une distance où il vous serait facile,
A chaque politesse que l’on devienne plus proche.
Puis, nous embrassant, je touche votre joue
De la mienne, et vos épaules de mes mains.
D’ordinaires si habiles, mes phalanges déjouent
Les règles de bienséance et caressent votre grain.
Je me surprends moi-même, encore tout étourdi -
Quand votre voix s’élève s’adressant à moi.
Elle est douce. Elle est suave. Elle est profonde. Elle rit.
- Ensorcelé par vos atours ! Aimez moi !
A ce moment précis, deux options se dessinent.
Un sens encore nous reste à explorer.
Vérifier ensemble si vos lèvres se destinent.
Après les quatre sens totalement perturbés,
Une douce folie s’empare du dernier.
Mais alors que, la main tremblante et l’œil brûlant,
J’ose enfin, presque haletant, me décider,
Votre ami nous rejoint et me glace les sangs.
Nous discutons un peu, mais je suis envoûté…
Je ne vois que vous malgré vos amitiés…
J’ai pu vous voir, vous entendre, vous sentir, vous toucher.
Dînons ensemble un soir, il me manque un goûter…
Poème écrit par
Le Carret Sébastien |