Je ne sais pas comment te le dire.
Je ne suis pas doué pour ces choses là.
Je suis plus à l'aise dans un soupir,
Dans un regard, entre tes bras.
Je dois avouer, à mon grand dam,
Que j’ai aussi pris du plaisir
A jouer le simple quidam
Qui se laisse pendre à ton sourire.
C’était un sentiment nouveau,
Une passion jamais vécue.
Un amour sans toucher ta peau.
Les sentiments, mais sans ton cul.
Naïvement, je me suis laissé croire
A une histoire rien qu’à nous deux.
A pressentir, à entrevoir,
Enfermé dans mes rêves bleus.
C’était sans compter sur ta vie.
Tes doutes, tes peurs et tes problèmes.
Et, bien que sûre de tes envies,
Tu n’es pas prête à dire je t’aime…
Et moi, disciple d’Epicure,
Ascète de la dernière seconde,
Je peux attendre, pour tes lèvres pures,
Comme un Platon, la fin des mondes…
Je te remercie malgré tout
D’instants perdus dans ton regard.
Sans toi, j’aurais perdu le goût
De l’avenir et ses hasards
J’ai retrouvé foi en l’amour.
Ce sentiment, je te le dois.
Et je suis prêt à faire la cour
A celle enfin qui me verra.
Je t’aime. Bien sûr. Quelle évidence !
Mais je ne veux pas me tourmenter
A savoir pour qui ton cœur danse.
Ce n’est pas moi. Je suis blessé.
Mon téléphone ne vibre plus
Et tes passages restent virtuels.
Dans mes sorties, j’évite ta rue.
Te voir seulement devient cruel.
Il me faudra un peu de temps
Pour supporter ton amitié.
Moi qui rêvais de deux amants
Partageant leur intimité.
Tu n’es pour rien dans ce constat.
Un sentiment qui rejailli
Entièrement dirigé vers toi.
Je t’aime. C’est tout. Je n’ai pas choisi.
Je t’ai prévenue en haut du texte.
Je ne suis pas doué pour ces choses là.
Mais, prisonnière de ton contexte,
Tu perds aussi à ce jeu là.
Je ne pourrai pas, comme certains font,
Te cotoyer pour être là !
Près de la reine, point de bouffon.
Je suis le roi ou je ne suis pas !
Tu n’es pas pour moi un fantasme
A vivre par procuration.
De l’âme, ceci est un marasme.
Et j’y perdrais mon ambition.
Ma quête ultime, ma paix de l’âme
Et le bonheur sans rémission.
Il est possible une vie sans drame
Et pour chaque être, même en mission.
J’arrive au bout de mon laïus
Et me confonds en mil excuses.
Je sais que je n’apporte qu’un sus
A tous ces problèmes qui t’usent.
Mais j’avais besoin que tu saches
Que dans chacun de nos regards,
Moi j’y voyais comme une attache
Qui ne devait rien au hasard.
Je ne savais pas comment dire,
Et je ne saurais toujours pas…
Alors j’ai fini par l’écrire.
A ton désir, tu le liras.
A ma décharge. Comment faire ?
Quand tu esquives nos têtes à têtes,
Il me reste l’épistolaire
Pour t’avouer ce doux mal être.
Je suis désolé pour le style.
Les mots sont venus sur le thème.
Je sais qu’il est très difficile
De lire une lettre qui dit : Je t’aime.
Poème écrit par
Le Carret Sébastien |