La rude nuit d'hiver descend sur la nature,
Sur les chemins neigeux où s'étouffent les sons,
Sur la rivière en crue où glissent des glaçons
Sur le jardin sans fleurs et la vaine pâture.
Elle enveloppe tout, rugueuse couverture
Qui fait danser la bise en sifflant des chansons ;
Mais sous mes plis mon coeur, dédaigneux des frissons,
Cherche un apaisement à sa soif d'aventure.
Et tandis qu'en marchant par les prés endormis
Je lève au long des pans d'ombre ennemis
Tendus entre les troncs comme d'étranges toiles.
Je sens peser sur moi, plus triste qu'un adieu,
Le ciel noir transporté par les feux des étoiles,
Fenêtres du cristal par où regarde Dieu.
Poème écrit par
Matencio Joel |