Entre les hurlements des vils tortionnaires
Et les cris des chiens loups, on entend une voix
Aux accents curieux et même un peu grivois,
S'inventant très souvent des mots imaginaires.
L'homme reprend pour lui des refrains millénaires
Tandis que dans le camp, tout à tout, les convois
Franchissent le portail aux sinistres pavois
Où se mêlent aussi les fureurs ordinaires.
Pour combattre, qui sait, la peur de chaque jour
Et les conditions de l'horrible séjour,
Une chanson s'élève au cœur de la folie.
Et dans les profondeurs de l'enfer routinier,
On pourrait presque entendre une douce embellie
Tandis que monte au ciel le chant du prisonnier.
Poème écrit par
Miaille Michel |