Dans le fond du grenier tant de jouets s'entassent,
Spectres se diluant au vent du souvenir ;
Mes jours à moi sont vieux et mes membres se tassent
Quand une vie ancienne, hélas, vient se ternir.
Le temps se fait cruel et frappe à ma mémoire
À grands coups redoublés avec son gros tambour ;
Mon coeur revoit souvent, comme sur un grimoire,
Les traces de l'enfant et de son long séjour.
Au fil de quel printemps, au cours de quelle année,
Avais-je donc offert au doux fruit de ma chair
Ces objets poussiéreux à l'âme surannée
Quand soudain les regrets prennent un drôle d'air.
Car l'enfant est parti vivre son existence
Et le temps me voit seul dans ma vie en partance.
Poème écrit par
Miaille Michel |