Vivianne ! je te retrouve enfin, après mille ans d’errance à travers le monde...
Te voici à Roseaux, échouée
comme une maldonne alors que je te croyais parmi les flots porteurs d’espérance.
Ta robe de métal éventrée sur ces galets
semble avoir subi l’outrage du temps
où je t’aimais !
Nous avions parcouru
tellement de belles manières
que j’éprouve une douleur
en te voyant couchée sur cette côte d’Haïti.
Ton cœur à mille lieux d’un bord de Caraïbes
n’est plus qu’une épave de fer
blanchi par le sel !
Souviens-toi de nos belles escales
à l’époque de ta splendeur
où certains capitaines étaient jaloux de moi,
nous avions fait le pari de rejoindre Acapulco
en quelques jours de mer !
Parle-moi ! dis-moi que ce n’est pas vrai !
que tu peux reprendre le large avec moi...
J’aimerais tant !
ton ventre sent encore les épices,
Maintenant que je suis prêt de toi enfin !
je resterai pour ressortir tous nos souvenirs.
Tu me raconteras une nouvelle fois
l’histoire de la mer rouge et moi
celle d’une escale dans le port de Carthage.
Chaque jour sera une nouvelle aventure ensemble et pour toujours.
Poème écrit par
Melliet Maurice |