La ville déserte, un calme froid.
Des façades grises, le plafond bas.
Même pas un p’tit cul à reluquer.
Ou le son lointain d’une paire de talons aiguisés
Résonnant dans un couloir vide et glissant sur le pavé.
Rien.
Le vent, quelques gouttes.
Le vent dans les voûtes.
Le froid d’une fin août.
Personne
Y’a même pas un marin dehors,
Même pas une vieille jeteuse de sort.
Les mêmes pas m’entraînent sur le port.
Bien sûr, les terrasses sont vides
Et les troquets se prennent un bide.
C’est pas humain, ça !
Je déambule, la pluie redouble
Dès sur le sol, elle devient trouble.
Ça continue, ça continue, je déambule…
Ça continue, je suis trempé ! Et si je recule ?
Est ce que je remonte le temps ?
Non, je remonte seulement la rue.
Cette rue où tu habites à mi-temps.
Cette rue où il pleuvra, où il a plu.
Où il pleut mes larmes
Je vois de la lumière à travers les stores.
Tu n’es pas seule bien entendu.
Ton amant est rentré au port.
Pile, je me marie. Face je suis pendu.
C’est face, je vais boire un coup d’abord.
Jusqu’à ce que je tienne encore debout.
Faut garder l’équilibre pour passer la corde au cou.
Allez patron ! Verse et mets la dose.
Et ne crains rien pour ma cirrhose !
J’ai déjà perdu la foi il y a quelques temps.
Je peux bien perdre mon foie maintenant.
La ville est froide, le quartier désert.
Seule, là haut subsiste une lumière.
C’était le bon soir pour boire un verre !
Poème écrit par
Le Carret Sébastien |