Voici encore un jour de rien,
Un temps passé, neutralisé.
Jour sans relief. Ni mal, ni bien.
Un beau ciel bleu d’un gris cendré.
Depuis des mois la pluie s’échine…
Pareil à elle, je dégouline
Le long du temps qui coule sans moi.
Le ton du lent qui saoule quand moi,
Mélancolique à souhait,
Je ne l’écoute même pas.
Voici déjà un livre ouvert
En plein milieu de son récit.
La même page. Les même vers.
Depuis longtemps, la même vie.
Ces grandes lignes montrant les voies,
Multiples signes créant ma foi…
Que faire des mots ? Sinon souffrir.
Que dire des maux, à part en rire ?
Mélancolique à souhait,
Je ne les lis même pas.
Voici toujours une chanson
Sur le point d’être terminée.
Quelques paroles et puis un son
Pas tout à fait déterminé.
La symphonie est pathétique,
Juste à l’endroit là où ma voix
De pas phonie est synthétique.
Comment savoir, là où va moi ?
Mélancolique à souhait,
Je ne l’écoute même pas
Voici enfin l’universel.
L’amour transi, uni vers celle
Qui saura sans se montrer belle
Unir mes yeux à ses prunelles.
J’en ai envie, mais j’ai peur d’elle,
De cette seconde si éternelle,
Fête féconde sempiternelle.
Si bien qu’ici se présente–t–elle,
Mélancolique à souhait,
Je ne l’embrasse même pas.
Poème écrit par
Le Carret Sébastien |