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Assis sur le toit du blockhaus (Lu : 514 fois)


Assis sur le toit du blockhaus érodé par le temps,
Assis sur le toit du blockhaus buriné par le vent.
Comme une symbiose parfaite née de mon inconscient
Entre mon cœur fatigué et les défenses du bâtiment,
Les carapaces visibles se fissurent lentement.

Assis sur le toit du blockhaus et face à l'océan.
L'océan déchaîné dans son reflux permanent
Comme autant de frustrations refoulées rageamment
Des profondeurs, vécues et oubliées prestement.
L’océan en colère destructeur et génitant,
Effaçant de ma mémoire une marée de sentiments,
Libérant notre histoire d’un lourd passé d’antan.

Forts, impassibles et armés jusqu’aux dents.
Fabriqués par d’autres et posés là délibérément,
Abandonnés à leur sort, livrés à tous les vents.

Juste une petite caresse, une brise de temps en temps,
Plus qu’une bise fugace délivrée fraîchement,
Manque à mon panel ; de pétolle à ouragan.

Ma carcasse se fissure, apparaît l’armement.
Cette plaie qui s’ouvre sur un chagrin béant.
Je glisse ma main dans la faille du ciment.
Comme un dernier souffle vain, je progresse lentement
Vers le cœur de la pierre, dure, sèche et loin de l’enfant.

De cette large ouverture s’échappe un sentiment.
En premier lieu, commun, je repense à l’enfant.
Où sont mes rêves ? Le retour est violent.

Le blockhaus se démembre dans un lourd grondement.
Je me déchire et plonge dans un même élan,
Tombe face contre écume, délicat tapis blanc.

Je t’aime et je le pleure quel que soit le moment.
Mais le sable absorbe toute l’eau pleurée de l’instant ;
Même si l’instant est long, le sable est toujours gagnant.

L’océan me submerge de plus en plus fréquemment.
L’océan me recouvre. J’ai juste froid et j’attends.

Ma force a disparu dans l’afflux de ressentiments.
Le courage m’a quitté à mon cœur dépendant.

Je m’enfonce dans le sable doucement, mais sûrement.
Le large m’emportera–t–il avant l’ensevelissement ?

Quelle que soit l’issue de mon effondrement
Une vraie délivrance, une libération m’attend.
Mon apothéose est très loin de celle promise des voyants.
Ma fin est toute autre que celle des livres pour enfants.

Je me sens soulevé. Je pars rejoindre le temps ;
Le temps qui passe, le temps qu’il fait. Mon espace temps.
Mon amour est trop fort. Je m’en vais en pleurant.
Ça y est. J’entends les voix ! Je touche au firmament.
Je me sens comme porté, tout aussi lourd pourtant.
Le blockhaus est tombé et s’avance, titubant.
Mon histoire terminée mais je semble vivant.

Mon cœur est atteint plus que sérieusement…
Et mon âme touchée désespérément…

Poème écrit par Le Carret Sébastien



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