Puisqu'à tout être, vient comme une pluie de mystères,
Que les hommes, de tout temps, posent de lourdes pierres,
Puisqu'un monde sanglant envahit notre terre,
Que le ciel, lui-même, se prend pour tout l'univers,
Puisque la nature, se console de sa propre misère,
Que les vents soufflent sans bruit au cœur de l'enfer,
Puisque ici bas, Dieu nous écoute nous taire,
Que son fils Jésus est retourné, là-haut, aux éthers,
Puisque les monstres sacrés ont croisé tous les fers,
Que mon aïeul est mort pour des êtres trop fiers,
Puisque personne ne crie pour fendre les airs,
Que les oiseaux ne volent plus au milieu des lumières,
Puisque les feuilles d'automne souvent m'exaspèrent,
Que les gouttes du ciel creusent à mes pieds des cratères,
Puisque la vie devient des plus rudimentaires,
Que la langue des hommes est celle des vipères,
Je vous le dis sans même peser mes mots,
Je garderai jusqu'au fond de mon tombeau,
La seule chose valant sur terre,
L'amour de vos yeux clairs.
Poème écrit par
Cartner Alan |