Les allées bordées de sculptures cendrées
s'apparentaient aux passants figés
dans une marche mécanique
Les arbres fleuris bonifiaient
l'atmosphère frileuse du square
garni de pétales blancs
Une femme allongée
sur un siège en béton
balbutiait des injures
à l'encontre du vent
qui soulevait son invresse
Un ouvrier immigré
achevait sa danse
avec la terre
au marteau-piqueur
Un troubadour de rue
réconfortait
l'âme du clochard
mise à trépas
par un agent de police
parce qu'il a bu
parce qu'il a crié
La ville continuait d'avancer
La ville continuait de reculer
émue par le froid
émue par l'hiver
je marchais à coeur ouvert
ouvert j'ai oublié de le recoudre
Je marchais vers où marchent les hommes
Il faut peindre
peindre
les préfacés du voyage
le cri de la mer
le bruit du désert
pour que l'étoile dévoile sa nudité
Poème écrit par
Chêne Agnès |