Argent, poussière, s'envole au gré du vent mais m'attache à la terre
Et moi, émois, je contemple d'un oeil vide ce cruel univers
Où des hommes étriqués meurent dans nos grandes avenues
Des cartons à leurs pieds comme des rêves déchus
C'est vrai qu'on s'habitue à ces ombres sans noms
Qui hantent nos jolies villes comme une vieille chanson
Haut les coeurs, mes amis ! Fermons tous les yeux
Puisqu'ils sont presque morts, faisons-leurs nos adieux !
Et lorsque tombe la pluie, lorsque gronde l'orage
Je m'assois face à ceux qui n'ont plus de visage
Et dans leur main tendue je dépose une pièce
Qui roule sur leur paume dans un bruit de détresse.
Entends-tu toi aussi le souffle de l'hiver ?
C'est un vent de décès qui s'abat sur nos frères
Assassine sans remords ces hommes qui n'ont plus rien
Tous ces coeurs qui battaient, c'étaient un peu du tien.
Poème écrit par
Aulmes Chrysème |