J'ai construit mon cachot dans le mensonge épais,
Impénétrable et sombre, où, geôlier de moi-même,
Je m'enferme à l'abri même de ceux que j'aime.
Plus seul quand j'ai parlé qu'au temps où je me tais.
Ma parole est un mur sans porte ni fenêtre
Qui monte autour de toi, dur, puissant et massif,
Avec maints bas-reliefs gais, trompeurs ou lascifs,
Et nul curieux jusqu'à moi ne pénètre.
Seul, je me connais, seul, je sais qui je suis,
Seul, j'allume ma lampe en mes sinistres nuits,
Et seul, je me contemple, et seul, je me possède.
Je suis pareil au moine à l'abri d'un linceul,
Et loin de tout désir qui me flatte où m'obsède,
Je goûte, comme toi, le Néant d'être SEUL.
Poème écrit par
Matencio Joel |