Je vois, pendant mes nuits que le sommeil déserte,
Défiler sous mes yeux des spectres harassés
Qui, moins vivants que moi, sans être trépassés,
Traînent ainsi qu'une ombre un semblant d'âme inerte.
Exaspérant toujours leur ténébreuse alerte,
Ces spectres moribonds, les flancs déjà blessés,
Offrent à mon regard leurs maux insensés
Une éternelle plaie où tout autre est ouverte.
Leur masse se soulève à l'image du flot
Et jette vers le ciel l'unanime sanglot
De cent gorges hurlant des peines trop connues.
Je vois ainsi passer le peuple des bannis,
Et chaque ZOMBIE porte au creux de ses mains nues
Une part de mon coeur en Lambeaux désunis.
Poème écrit par
Matencio Joel |