J'ai beau marcher vite et courir,
Je suis, hélas, toujours en rade,
Epuisé, tout prêt à mourir
Dans une rude promenade.
Je me traîne dans la panade
Comme un vil oiseau loqueteux
Et, même sans cris ni brimade,
Je suis le vil canard boiteux.
J'ai beau tenter de m'aguerrir,
Essayer la moindre escapade,
je n'arrive qu'à renchérir
Mon pauvre déhanchement fade.
Quelquefois je me veux tornade
Mais j'en deviens calamiteux,
Amusant chaque camarade,
Je suis le vil canard boiteux.
Très souvent je voudrais périr
Au cours d'une triste balade
Pour ne plus devoir concourir
Dans cette vie où tout se brade.
Hélas, chez moi tout se dégrade
Dans ce triste corps si piteux,
Je n'en deviens que plus maussade,
Je suis le vil canard boiteux.
Princes, voyez la bête en rade,
Le pauvre animal souffreteux.
Même dans une mascarade,
Je suis le vil canard boiteux.
Poème écrit par
Miaille Michel |