Ce sonnet que je veux beau comme je le pense
Coule ainsi qu'un bleu ru qui chante ensoleillé,
A la fois transparent et par l'ombre ocellé,
Sorti des souvenirs de la prime existence.
Comme lui, sans retour vers un lointain silence,
Sondant ce fleuve noir, mon coeur s'en est allé
Dans ce bruit d'eau fuyant, à jamais écoulé
Alors que le temps passe et pourtant recommence,
Que la mémoire écoute avec celle des eaux
Dont le timbre s'était perdu dans les roseaux,
Couvrant mon rêve fou d'une étrange tunique.
Je ranime des voix et des sons suspendus
Sur les feuilles d'automne où chante une musique
Dont l'esprit est l'écho de mes bonheurs perdus...
Poème écrit par
Matencio Joel |