Elle avait seize ans, moi, guère davantage,
Jouant avec le feu sans en voir le danger.
Le souci de l'amour nous était étranger.
Autrefois l'innocence existait à cet âge !
Le jardin résonnait de notre Jabotage,
Aux oiseaux confiants nous donnions à manger,
Et le vieux boudeur qu'on allait déranger
En pardon de l'offense exigeait le partage !
Puis les temps sont venus des rires espacés,
Des silences profonds, des gestes agacés
Qui trompaient du désir la soudaine tourmente.
Et bien que la sagesse ait voulu m'apaiser,
Je garde sur ma lèvre ainsi qu'un goût de menthe
La brûlante saveur de son premier baiser.
Poème écrit par
Matencio Joel |