A ma lucarne ouverte en face de la nuit,
Je ne vois qu'un ciel noir sans lumière et sans bruit,
Mer obscure et profonde, et sur l'abîme immense,
Esquif désemparé, navigue ma souffrance,
Et penché sur les bords de ce gouffre béant
Qui n'offre à mon appel que vertige et néant,
Je cherche éperdument une lueur d'étoiles,
Je ne peux que trouver d'impitoyables voiles,
Et rien dans ce Cachot qui vienne m'apporter
Même un signe, un soupir pour me réconforter,
Non, rien que solitude et que désespérance,
Rien qui puisse chasser l'ennui dans ce silence.
Un désir obstiné pourtant lance ma main
Pour saisir un ami. Vains efforts, espoir vain !
Dans mon geste déçu, je n'étreins que l'espace
Et je demeure seul dans l'ombre qui ma glace.
Poème écrit par
Matencio Joel |