On m'appelait arbre
Arbre de bagatelle
Ma nudité
Je la dois au feu
Le feu
Ce feu
C'est ce bruit ce fol roulement sourd qui déferle
Ce craquement lourd qui dévertèbre mes branches auxquelles je ne peux me rattacher
C'est l'agonie de mon tronc d'où monte la plainte qui feule
qui fouille mon corps
qui brûle mon âme
Aucun onguent n'apaise
Aucune main
Je suis comme un homme d'igné dans le rougeoiement du crépuscule
Ma brûlure saisit le vif
Poser votre oreille contre mon tronc calciné
Ecouter mon cri le chant peuplé de jours de nuits
La nuit des peuples qui meurent
Ecoutez-moi vous parler de la vie
Des mots de leurs ombres
Des lueurs des chuchotements ouverts envolés des lèvres
Des ailes pliées
Des rivières où naissent les cailloux
Des fruits mûrs qui aversent
Des feuilles qui noircissent la peau des rêves
Des accrocs à l'endroit du coeur à l'envers
Qui roulent comme des bandanas sur les yeux tombés dans le col-torsade des blessures
Regardez cet homme
Qui prie les mots de sa gorge
Tous les mots
Simples
Enracinés composés
Un galet dans la manche
Et qui repart comme une danse
A ses pieds
Une écume
A faire fumer les vagues
Poème écrit par
Chêne Agnès |