Sous l'éclat mensonger de ses feuillages roux,
Octobre s'insinue et sa mélancolie
Prépare notre rêve aux obscurs rendez-vous
Avec les souvenirs que le Printemps oublie.
Voici l'heure des longs cortèges endeuillés,
Des envols de Corbeaux dans les Aurores blêmes,
Des sanglots contenus, des Bouquets effeuillés
Par le vent torturant les premiers Chrysanthèmes.
La brume qui s'élève et trouble les lointains
Pénètre en notre coeur et le remplit d'angoisse,
Et pèlerins transis, nous marchons, incertains,
Sur le tapis marron des feuilles que l'on froisse.
Dans ce Monde impalpable aux contours dilués,
Tout glisse vers la mort ; l'espérance est bannie
Et notre âme, parmi les bruits atténués,
De l'Automne sanglant partage l'agonie.
Poème écrit par
Matencio Joel |