Quand souffle le vent
Sur les nuques blanches
D’enfants sérieux
En habits du dimanche
Quand souffle le vent
Tant bien que mieux
Voilà le chant odieux
De leurs mères qui pleurent
Inquiètes et délaissées.
Triste regard blessé
Et mort
Quand souffle le vent du Nord.
Quand reviennent les fils
D’un combat lointain
Impatiemment lents vers
Ce qu’il reste d’humain
Quand reviennent les fils
Tant bien que mieux
Voilà le chant odieux
Des canons et des balles
Chorales banales
Des armées
Quand reviennent les fils cadets
Et quand vieillissent leurs mains
Et qu’elles tremblent trop
Et qu’elles semblent impitoyablement
Exclues de leur destin
Quand les mains ont vieilli
Alors c’est le moment :
Tant bien que mieux
Voilà le chant odieux
Que chante l’épiderme
Quand arrive à son terme
La vie
Et quand vieillissent leurs mains. Tant pis !
Poème écrit par
Partenit Lucas |