Comme un pauvre animal peureux au fond d'un trou,
Exsangue, anéanti, je lèche mes blessures,
Car c'est l'amour qui m'a porté le premier coup
Et mon espoir s'écoule en de larges fissures.
Très proche du remords ou fille du regret,
L'ombre du souvenir sans cesse me tourmente
Et vient me harceler de son pouvoir secret
Ainsi qu'un vieux bateau broyé dans la tourmente.
Je ne désire pas, tel un verre de rhum,
L'hypocrite secours d'un quelconque sérum,
Goutte-à-goutte sournois que le présent distille.
Je préfère mourir que de survivre ainsi,
Et mon coeur fatigué devenant inutile
Vous demande pardon en vous disant merci.
Poème écrit par
Matencio Joel |