A l'ombre des gibets, près d'un Mandragore,
Tissant avec sa plectre une trame à ses vers,
J'ai vu le vieux jouer du Luth ou de Mandore,
Chanter pour tous les gueux que porte l'univers,
A l'ombre des gibets, près d'une Mandragore,
Il disait l'anathème et le malheur fatal
Qui plonge à tous les coups l'homme dans cette fange,
De l'horreur et du crime où se repait le mal,
Et, tandis que du ciel tombaient les pleurs d'un Ange,
Il disait l'anathème et le malheur fatal,
Mais la Trappe s'ouvrit, me brisant les vertèbres,
Et je fus traversé par un hideux frisson ;
J'avais franchi le cap qui conduit aux ténèbres ;
J'aurais voulu savoir la fin de la chanson,
Mais la trappe s'ouvrit, me brisant les vertèbres.
Poème écrit par
Matencio Joel |