Au creux des chairs, le vers rongeur,
Est comme un hôte inévitable,
Faut-il toujours qu'en tout moteur
Se dissimule un grain de sable ?
Jour après jour et fil à fil,
La dent qui mord use ma vie,
Dès à présent, qu'en reste-t-il ;
Habit troué, loque à charpie ?
Je m'appauvris à mon insu,
Clochard ignorant sa misère,
Mais éprouve un amour confus
Pour mon glouton corpusculaire.
Je le nourris et j'en prends soin
Pour qu'à loisir, il mé déchire,
Il est ma ruine et mon besoin,
Mon viatique et mon Vampire.
Poème écrit par
Matencio Joel |